Le PQ a-t-il prit la bonne décision ?
Posté par quebecpol le juin 1, 2007
La décision du Parti québécois dans la récente « crise du budget » telle qu’elle fut nommée par les médias n’est pas complètement étonnante. La question maintenant est la suivante : était-ce la bonne décision ?
Première chose, quoiqu’on en dise, le PQ n’a aucun intérêt actuel à provoquer des élections, au mieux il deviendrait l’opposition officielle avec quelques comptés de plus que le PLQ (tel que ma prévision actuelle l’annonce, voir dans la section « Prévision »), au pire il demeurerait la deuxième opposition derrière le PLQ comme opposition officielle. Certains ont affirmé que d’obliger Mario Dumont à subir « le test du pouvoir » permettrait de dégonfler « la bulle » de l’ADQ et à long terme servirait le PQ. Je ne crois pas à cela, il y a longtemps que la montée de l’ADQ est dans l’air, pas plus tard qu’en 2003 les sondages nous révélaient déjà cette tendance possible. Des sondages internes du PQ que j’ai moi-même analysés datant de cette non si lointaine époque où le PQ était encore au pouvoir le révélaient : les Québécois aiment Mario Dumont. Lors de la dernière élection, ils ont simplement passé l’acte. Bien sûr, le pouvoir « teste » et entame la popularité politique, mais très rarement au point de mettre à mort un parti.
N’oublions pas, malgré que Pauline Marois sera de toute évidence chef du PQ d’ici quelques semaines, le parti n’a toujours pas de chef et même si les fameux sondages sont très favorables à madame Marois, ils ne veulent pas dire grand chose pour l’instant et ce pour la simple raison que son leadership n’est encore qu’hypothétique pour les Québécois. En d’autres mots ils ne l’on pas vu à l’oeuvre. J’ai un très sérieux problème avec les sondages hypothétiques (voir à ce titre mon article dans la section « Approndir »).
Le but du PQ était donc de provoquer quelque chose, de démontrer qu’il est toujours là, d’avoir de la visibilité médiatique et de mettre au jour sa crédibilité en tant que force politique. Malgré que nous pouvons aisément qualifier les « gains » de « peanuts » dans un budget, il reste que la mission est symboliquement accomplie, le PQ a obligé le gouvernement à bouger. Faire un tour du chapeau ici aurait été très difficile, le PQ a marqué un but dans une partie qui finalement s’avèrera sans importance, mais ça reste un but.
Le PQ n’avait pas avantage à provoquer des élections, pas plus que le PLQ. Et malgré les sondages qui lui sont favorables, je ne crois même pas que l’ADQ y avait vraiment avantage non plus. « Les Québécois ne veulent pas d’élections » ne constitue qu’une excuse bidon, les gens ne veulent jamais d’élection, c’est une corvée à laquelle ils consentent de participer, par nécessité, une fois sporadiquement, mais quand il y a élection, quoi qu’on en pense, beaucoup de gens se déplacent quand même.
Je crois donc que le PQ a réussit à se sortir d’une situation difficile avec beaucoup de tact. Il ne fera pas de gains avec cela, mais au moins il s’assure de ne rien perdre.