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Prévisions des élections québécoises

Archive de la catégorie «Analyses»

Les résultats, premières impressions

Posté par quebecpol le décembre 9, 2008

Comme je le croyais, le PQ a été sous-estimé. Mais l’ADQ aussi et le parti a donc plus de sièges que je ne l’avais prévu. Je félicite Bryan Breguet pour avoir bien évalué le vote adéquiste. Tout de même, je crois que le modèle a été extrêmement bon, avec 89,6 % de réussite. Seulement 13 circonscriptions ne sont pas allées dans le sens du modèle, et 7 d’entre elles étaient classées dans « très chaud », sans compter la victoire surprenante du PLQ aux Îles-de-la-madelaine, victoire qu’aucun modèle ne pouvait vraiment prévoir. Quant à la victoire de Québec solidaire dans Mercier, je dois avouer que j’en suis extrêmement surpris. Finalement, il nous reste à savoir ce qui adviendra de l’ADQ sans Mario Dumont, mais je crois que ce sera très difficile pour ce parti de continuer à avoir une réelle importance.

Finalement, il n’y a pas de meilleur test pour un modèle que de savoir ce qu’il aurait prédit si les bons chiffres (c’est-à-dire les chiffres du résultat de l’élection) avaient bien été prévus par les sondages. Voici donc ce que le modèle aurait donné, il va sans dire que le modèle est tout de même très précis.

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Pauline Marois et les coupures en santé

Posté par quebecpol le novembre 18, 2008

Pauline Marois traîne comme un boulet au pied ses fameuses suppressions de postes d’infirmières en 1997 qu’elle avait eues à faire dans le cadre de la lutte contre le déficit, dans un contexte où les grandes banques et d’innombrables analystes financiers avaient clairement sonné l’alarme sur l’état des finances publiques du Québec.

C’est un dossier très complexe et la chef du PQ peine à trouver les mots pour s’expliquer et pouvoir enfin passer à autre chose. Si j’étais l’un de ses stratèges politiques, je lui recommanderais d’avoir une attitude beaucoup plus offensive dans ce dossier. Elle aurait avantage, par exemple, à utiliser des métaphores simples, mais bien adaptées à ce qu’elle souhaite dire. Une belle idée de métaphore ? La chimiothérapie! Quand un cancer est dans un état avancement assez grave, la simple radiothérapie ne suffit plus, il faut utiliser la chimiothérapie. Or celle-ci, bien qu’elle ait pour objectif de détruire les cellules cancéreuses, a aussi pour effet secondaire de tuer aussi de bonnes cellules. On ne souhaite à personne d’avoir à subir de tels traitements, mais ils sont malheureusement parfois nécessaires à la guérison. Si j’étais Pauline Marois, c’est le genre d’explication que j’utiliserais plutôt que de me perdre dans les fleurs du tapis.

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Mario Dumont et Tout le monde en parle

Posté par quebecpol le novembre 18, 2008

Mario Dumont aurait-il commis une gaffe en refusant d’aller à la populaire émission Tout le monde en parle ? Il est possible que oui, car quoi qu’on en dise, le passage des chefs à cette émission à la veille des élections est rapidement devenu une sorte de petite tradition, qui n’aura bien évidemment jamais l’importance de la participation au débat des chefs, mais qui a tout de même une certaine importance symbolique. Par ailleurs, dans la situation actuelle, il est compréhensible que Dumont soit craintif à l’idée de s’y présenter, il aurait probablement à répondre à de nombreuses questions plutôt embarrassantes et il est probable que le simple fait de passer à l’émission puisse être contre-productif pour l’ADQ. Cependant, si dans la situation actuelle il risque d’aggraver sa situation en se présentant sur le populaire plateau de télévision, je crois que le coût de ne pas y aller sera encore plus grand car hormis les adéquistes convaincus, je crois que le reste de la population aura tendance à voir sa non participation de manière négative.

Aussi, avec ses récentes déclarations au sujet de l’émission et de l’entrevue accordée à Jean Charest en 2007, Mario Dumont vient de se rendre la tâche encore plus difficile. Il devient maintenant très peu probable qu’il puisse changer d’idée et aller se présenter devant Guy A. Lepage sans pour autant avoir l’air de faire une volte-face maladroite. Par ailleurs, faire de fausses déclarations sur cette émission, ce qui semble ici être le cas, est tout sauf une bonne idée. Il est fort à parier que Lepage profitera de l’introduction de la prochaine émission pour rétablir les faits,  ce qui pourrait mettre Dumont dans l’embarras.

En décidant d’abord de ne pas aller à l’émission, Dumont a fait une erreur stratégique. Il s’est bien rendu compte qu’une participation risquait bien davantage de lui coûter des votes que de lui en apporter, mais il n’a pas compris que le prix à payer pour une non-participation était peut-être plus grand. Alors qu’il a eu à s’expliquer sur son choix, Dumont a aggravé son cas, il a contribué à ramener sa décision dans l’espace médiatique et pire, il vient d’augmenter le coût de sa non-participation. Également, si finalement il changeait d’idée, il aura également rendu son passage plus difficile et aura donc lui-même contribué à augmenter le coût lié à sa participation.

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Le PQ sous-estimé ?

Posté par quebecpol le novembre 17, 2008

Voilà que plusieurs sondages ont été rendus publics depuis le lancement de la campagne électorale et je crois qu’est venu le temps de les analyser rapidement les uns par rapport aux autres. Étonnamment, la question qui ressort d’un simplement coup d’oeil aux sondages est de savoir si le PQ n’est pas sous-estimé. Cela est pourtant très étonnant, car à l’habitude c’est plutôt le PLQ qui est dans une telle position (ce qui renvoie au phénomène de « prime à l’urne » que j’ai déjà expliqué dans un autre article), et lors de la dernière élection, qui n’aura peut-être été qu’une élection exceptionnelle, c’est l’ADQ qui a été sous-estimé. Cependant, jamais le PQ n’a « bénéficié » de cet effet.

Dans le tableau ci-dessous, on voit l’évolution des intentions de vote avant la répartition des indécis pour les trois partis majeurs. J’ai également ajouté l’évolution de « mes discrets ». Je dis « mes » car il n’y a à ma connaissance que moi qui les définis ainsi. Ils sont constitués de deux groupes : d’abord les indécis, mais aussi les répondants qui se « cachent » derrière les petits partis comme le Parti Vert et Québec solidaire. Ces petits partis sont systématiquement surestimés dans les sondages pour des raisons que j’ai déjà expliquées ailleurs. Ils ne sont pas contestés socialement parce que très peu compétitifs, ils ont en ce sens un certain capital de sympathie et constituent donc un joli refuge pour des répondants souhaitant demeurer discrets sur leur véritable intention de vote. Comment puis-je départager les « vrais verts » et les « vrais QS » des faux ? Pour y arriver, il faut faire une hypothèse qui ne pourra être confirmée que le jour du vote, il faut donc prendre un risque. Mon hypothèse : le vote des petits partis restera le même que lors de la dernière élection (7,69%), c’est donc dire que tout ce qui exclut 7,69% est un vote de discrets qui se cachent. En fait, il est même plus probable que le vote des petits partis faiblisse par rapport à la dernière élection, mais il faudrait alors que je détermine moi-même, de manière purement arbitraire, ce qu’ils obtiendront afin de séparer les « vrais » des « faux », chose que je préfère ne pas faire et je m’en tiens donc au résultat de la dernière élection. Donc, « mes discrets » sont composés des indécis et de ce que nous pourrions appeler les « faux autres », c’est -à-dire le total du parti vert, de QS et des autres auxquels je soustrais 7,69%. Regardons ce que cela donne.

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On remarque d’abord une chose en observant les plus récents sondages : le vote de l’ADQ suit assez fidèlement le vote des discrets. Quand les discrets descendent, l’ADQ descend aussi et vice-versa. Ce qui n’est pas de bon augure pour le parti de Mario Dumont, car le jour du scrutin, personne ne peut voter « indécis », mais cela veut surtout dire que très peu d’adéquistes se cachent chez les discrets et que donc l’ADQ ne peut pas réellement espérer avoir des électeurs cachés quelque part qui viendront l’appuyer le jour de l’élection. Voilà, en premier lieu, pourquoi j’ai décidé d’arrêter de donner 60 % des indécis à l’ADQ, il n’y a tout simplement plus aucun signe que les adéquistes se cachent.

Ce qui est extrêmement intéressant par contre, c’est de regarder l’évolution du vote du PQ par rapport à mes discrets où l’on note en effet une sorte  « d’effet miroir ». Le professeur Pierre Drouilly a déjà noté cet effet entre les indécis et le parti libéral, ce qui expliquait le phénomène de la prime à l’urne, j’utilise donc son expression. Évidemment, le miroir ne peut être parfait, il y a toujours les marges d’erreur d’un sondage à l’autre, mais on voit quand même très bien que les lignes d’évolution sont inversées de manière semblable. Quand les discrets diminuent, le PQ monte et inversement. Par ailleurs, le mouvement des discrets est systématiquement plus grand que celui du PQ, par exemple, quand les discrets diminuent de 5, le PQ monte de 3, ce qui veut dire qu’il n’y a pas que des péquistes qui se cachent, mais la régularité de leur relation tend à me faire dire qu’il y a significativement plus de péquistes qui se cachent chez les discrets que de libéraux ou d’adéquistes. Dès lors, il faut commencer à se demander si le PQ n’est pas sous-estimé dans les sondages et si c’est bien le cas, il faudra voir si ces péquistes discrets iront voter où s’ils auront plus tendance à demeurer chez eux le jour du vote. Si les péquistes qui semblent se cacher chez les petits partis se cachent par démobilisation, alors le PQ ne bénéficiera pas de la prime à l’urne, par contre, s’ils se cachent pour d’autres raisons et vont voter, alors le PQ pourrait mieux performer que prévu. De toute manière, nous n’aurons la réponse à ces questions que le 8 décembre.

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Mario Dumont, la démagogie et la débandade de l’ADQ

Posté par quebecpol le novembre 11, 2008

Dimanche dernier, dans une mise en scène de type « town meetings » très inspiré de la politique américaine, Mario Dumont déclarait ceci à propos du nouveau cours d’éthique et cultures religieuses :  « Les gens qui ont pensé ce cours-là, c’est le même monde qui se battent par tous les moyens détournés pour qu’il n’y ait plus de sapins de Noël dans les classes. Le 25 décembre au Québec, [...] ça veut dire quelque chose. On reculera pas là-dessus », en profitant également pour associer ce cours au « multiculturalisme à la Trudeau ».

Outre le fait que ces déclarations soient complètement fausses et qu’elles cherchent à confondre plusieurs concepts complètement différents (le cours de culture religieuse n’ayant strictement rien à voir avec le multiculturalisme, mais reposant simplement sur le principe de la laïcité de l’État et donc du système d’éducation; pour ce qui est des arbres de Noël, nul n’est besoin d’en parler), ce qui est intéressant ici c’est de tenter de comprendre pourquoi le chef de l’ADQ s’enfonce constamment dans la démagogie, et ce d’une manière de plus en plus marquée. Un coup d’oeil aux sondages nous en donne la réponse.

Avant la réparation des indécis, le plus récent sondage Léger-Marketing, datant du 11 novembre 2008, donne seulement 12 % des votes à l’ADQ, contre 31 % pour le PQ et 36 % pour les libéraux. La question est alors de savoir comment se répartiront les indécis. Si, comme lors de la dernière élection, il faut donner 60 % des indécis à l’ADQ (en comparant les derniers sondages juste avant l’élection et le résultat final du scrutin), alors le parti de Mario Dumont, se retrouverait à 15,75%, ce qui le placerait toujours dans une position extrêmement inconfortable. Selon mon modèle de projection des sièges, en donnant 60% des indécis à l’ADQ, au matin du 9 décembre, le parti de Mario Dumont se réveillerait avec à peine 4 députés. Est-il besoin de mentionner qu’il demeure douteux qu’il faille réellement donner 60 % des indécis à l’ADQ, ce qui voudrait dire que cette prévision, bien que désastreuse pour Dumont, est tout de même « optimiste ». Pour toutes sortes de raison que j’ai déjà eu l’occasion d’expliquer, je n’utilise jamais la répartition proportionnelle des indécis, répartition en général utilisée par les firmes de sondages, mais juste pour l’intérêt de la chose, j’ai utilisé cette répartition (qui donne alors 14 % des votes à l’ADQ) juste pour voir ce que mon modèle projetterait : un désastre total pour Mario Dumont qui se retrouverait soudainement avec un seul député à l’Assemblée nationale, et il n’est même pas certain que ce serait lui.

Bref, Mario Dumont est dans l’eau chaude, ce d’autant plus qu’il semble que ses discours démagogiques ne trouvent plus réellement d’écho dans l’opinion publique et à trois semaines des élections, il est fort peu probable que Dumont puisse remonter la pente. La question, alors, sera de savoir ce qu’il adviendra de l’ADQ. Après avoir passé tant de temps en solo et après avoir vu une importante fenêtre d’opportunité s’ouvrir pour son parti, Mario Dumont aura-t-il vraiment envie de tout recommencer ? Ce serait très étonnant.

Vous pouvez voir la mise à jour de la projection dans la section  « prévisions provinciales »

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À surveiller demain

Posté par quebecpol le octobre 13, 2008

Selon mon modèle de prévision électorale, Micheal Fortier, de toute évidence, ne sera pas élu dans Vaudreuil-Soulanges. Les conservateurs sont très loin derrière dans ce compté. Mon modèle donne en effet le compté au Bloc avec 8,2 % d’avance sur les Libéraux et 19 % d’avance sur les conservateurs. Toute la question sera alors de savoir si le ministre Fortier pourra demeurer ministre advenant une victoire conservatrice, voir, si Stephen Harper ne demanderait pas à un de ses élus québécois de laisser son compté sûr au ministre Fortier. Le compté de Beauce, par exemple, actuellement détenu par Maxime Bernier pourrait être une bonne manière de s’assurer de faire élire Fortier, ce serait par ailleurs une manière de se débarrasser de Bernier qui a fait, comme tout le monde le sait, de nombreuses gaffes.

Le conservateur Denis Lebel, dans Roberval-Lac-St-Jean risque quant à lui de très mal dormir ce soir et devra peut-être songer à trouver un nouveau boulot. Je prévois en effet une victoire au Bloc québécois, mais la lutte est serrée. Le Bloc n’aurait en effet qu’une faible avance 4,44 %. Même chose pour la députée bloquiste Vivian Barbot dans Papineau qui risque de perdre son boulot, elle tire de l’arrière par 3,93 % sur le parti Libéral.   Le député conservateur Luc Harvey aussi risque de mal dormir, mon modèle le place gagnant, mais avec seulement 2,6 % d’avance sur le Bloc, même chose pour le député bloquiste  Thierry St-Cyr dans Jeanne-Leber qui n’a que 3,04 % d’avance sur le parti conservateur.

Également, Lawrence Canon aura probablement une soirée stressante. Mon modèle prédit sa victoire dans Pontiac, mais ne lui accorde que 6,47 % d’avance sur le Bloc. Le compté est classé comme « bonne tendance » envers les conservateurs, mais puisqu’il s’agit ici de projections faites à partir des sondages qui sont eux-mêmes toujours approximatifs, 6,47 % d’avance n’est pas ce que nous pourrions appelé une position complètement confortable pour un ministre. Ce compté sera à surveiller, même si le ministre Canon ne devrait pas non plus s’empêcher de dormir.

Une autre question est de savoir si Thomas Mulcair se fera élire dans Outremont. Je lui ai donné le compté, mais pas mon modèle. Les plus curieux d’entre vous avez peut-être remarqué des incongruités dans mes prédictions pour ce compté, c’est parce que j’ai dû  bidouiller avec les chiffres pour donner le compté à Mulcair parce que mon modèle ne tient pas compte des élections partielles, ce parce qu’elles ne sont pas importantes dans 99 % des cas. Le 2e  parti dans Outremont ne devrait donc pas être les conservateurs mais bien les libéraux. En fait, j’ai décidé un peu arbitrairement de donner le compté à Mulcair, par instinct et surtout parce qu’il est apprécié par la population et a été connu pour son affiliation au parti libéral du Québec. En clair, même si je donne le compté au NPD, il faut comprendre que cette prédiction n’a en fait rien à voir avec mon modèle mathématique puisque j’ai dû le contourner afin de faire une exception pour ce compté, ce que la plus part des analystes ont aussi fait. Je pourrais cependant m’être trompé et alors le compté irait aux libéraux. Ce sera donc à surveiller demain soir.

Dans le reste du Canada, il y a de nombreux comptés qui sont extrêmement chauds. En Nouvelle-Écosse, je prédis dans Nova-Centre une victoire au NPD, mais l’avance n’est que de 1 % sur les conservateurs, c’est donc dire que le compté peu pratiquement aller d’un côté comme de l’autre. C’est même pire dans South Shore-St-Margaret’s, que le modèle donne aux conservateurs, mais avec seulement 0,61 % d’avance sur le NPD.

En Ontario, la lutte est extrêmement serrée et il est inutile de dire que c’est dans cette province que l’élection va se jouer. Les comptés de Algoma–Manitoulin–Kapuskasing. Ancaster–Dundas–Flamborough–Westdale, Barrie, Beaches–East York, Burlington, Halton, Kenora, Nickel Belt, sont tous chaudement disputés avec des luttes à moins de 2 %. Je ne les ai même pas tous nommés, et en plus je n’ai pas regardé ici les comptés qui dépassaient 2% de différence entre le parti projeté gagnant et le deuxième parti. 25 comptés ontariens sont « très chauds », 16 de ces comptés impliquent une lutte serrée entre les conservateurs et les libéraux, 8 comptés sont disputés entre le NDP et les libéraux et un seul compté entre les conservateurs et le NPD.

Au Manitoba, le compté de Winnipeg-Sud  est aussi très chaud alors que les libéraux n’ont une avance que de 3,34 % sur les conservateurs. Même chose pour le compté de Desnethè–Missinippi–Churchill River en Saskatchewan où les libéraux n’ont une avance que de 3,85 % sur les conservateurs alors que dans Palliser, les conservateurs n’ont un avance que de 0,96 % sur le NPD. Le compté de Saskatoon-Rosetown-Biggar  irait quant à lui au NPD, mais le parti n’a une avance que de 3,64 % sur les conservateurs.

Comme prévu, l’Alberta serait presque entièrement conservatrice, à quelques exceptions près dans les milieux plus urbains qui donneraient des sièges aux libéraux et au NPD et  il y a aussi de rares luttes plus serrées. En Colombie-Britannique, pour finir, il y a aussi quelques luttes serrées, 2 de ces luttes impliquent les libéraux et les conservateurs, 3 les libéraux et le NPD et 4 les conservateurs et le NPD.

Bonne élections !

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Mise à jour… enfin!

Posté par quebecpol le janvier 5, 2008

Voilà maintenant quelque mois que je n’ai pas eu le temps de mettre à jour ma prévision. Quelques sondages ont eu lieu depuis et on note une baisse significative de l’appui à l’ADQ. Je vous propose ici une mise à jour basée sur le dernier sondage Crop /Lapresse du 6 décembre dernier. Ce sondage date de près d’un mois, mais c’est ce que nous avons de plus récent. Par ailleurs, il faut s’attendre à ce que La presse publie un sondage sous peu, probablement cette fin de semaine, et nous pourrons alors faire les comparaisons qui s’imposent.

L’exercice que je propose ici sera intéressant dans la mesure où j’ai cette propension à croire que les réunions familiales des fêtes constituent un important « événement » pour l’évolution de l’intention de vote. Les gens se réunissent, se dégourdissent un peu puis, parlant de plein de sujets qui les touchent, abordent évidemment celui de la politique. Ce faisant, le fruit de leur discussion peut renforcer l’opinion que certains ont déjà, ce s’ils prennent conscience qu’ils ne sont pas seuls à penser de cette manière, ou encore mettre certaines personnes dans le doute si ces personnes se rendent compte qu’elles sont seules dans leur camp. En d’autres mots, les réunions familiales peuvent avoir un effet d’homogénéisation des opinions, donc de renforcement des tendances observables et d’accélération de leurs différents effets. Il sera donc intéressant de voir, lors du prochain sondage, si un tel renforcement s’est produit durant les fêtes.

La chute de l’ADQ

Quoi qu’il en soit, ma nouvelle prévision est en rupture avec la précédente qui datait du 29 août dernier. À ce moment, en fonction du plus récent sondage Crop /Lapresse alors disponible, mon modèle prévoyait un gouvernement adéquiste minoritaire : ADQ 51, PQ 42, PLQ 32. Aujourd’hui, mon modèle prévoit un gouvernement péquiste minoritaire avec le parti libéral à l’opposition officielle : PQ 50, PLQ 43, ADQ 32. On remarque donc bien évidemment la chute assez radicale de l’ADQ qui est survenu durant l’automne. En à peine quelques mois, l’ADQ a perdu environ vingt sièges dans l’intention de vote, sièges que se partagent maintenant le PQ et le PLQ.

Chose intéressante dans ce sondage, aucun des partis ne se chevauche vraiment dans la marge d’erreur : le PQ étant à 30 %, le PLQ à 27 % et l’ADQ à 22 % alors que la marge d’erreur est de + ou – 3,1 %. C’est donc dire que mathématiquement, il y a 19 chances sur 20 (soit une confiance mathématique de 95 %) que les positions des partis soient justes.

Le problème des indécis

Un seul problème demeure et c’est évidemment celui des indécis. Lors de la dernière élection, il aurait fallu donner 60 % des indécis du dernier sondage Léger marketing du 24 mars 2007 à l’ADQ pour obtenir le véritable résultat. Le problème est aujourd’hui complexe parce qu’il faut se rappeler qu’à ce moment, les électeurs adéquistes pouvaient facilement se croire marginaux et préféraient donc demeurer discrets en ne dévoilant pas leur intention de vote lors des sondages, se disant donc indécis. Toute la question est de savoir si un tel phénomène est encore d’actualité, avoir l’intention de voter pour l’ADQ est-il encore, pour une grande proportion de gens, quelque chose que l’on souhaite garder pour soi? Il est tout autant justifié d’en douter que de croire que oui, là est le problème. Après l’élection et durant l’été, l’ADQ était clairement en tête, c’est donc dire que les répondants n’avaient pas de crainte à se dire adéquistes, mais il demeure tout de même vrai que l’ADQ est publiquement ridiculisé, comme tous les partis soit, mais pour des raisons différentes qui pourraient pousser les adéquistes à la discrétion. Alors que l’on critique le PQ et le PLQ pour leurs positions proprement politiques, on critique principalement l’ADQ pour ce que nous pourrions appeler son « amateurisme » politique, le sketch du dernier ByeBye en constitue un excellent exemple. Il y a donc une différence dans la nature des attaques publiques qui sont faites à l’endroit de l’ADQ par rapport celles qui sont adressées au PQ et au PLQ. La question ici est de savoir si une telle situation pousse des répondants adéquistes à être plus discrets que ceux des autres partis.

Par prudence, j’ai préféré donner 60 % des indécis aux adéquistes dans la prévision que je vous présente aujourd’hui, ce parce que c’est ce que l’expérience de la dernière élection, seule expérience qui soit basée sur des faits, nous dicte de faire. En ce sens, que l’ADQ ait perdu autant de sièges dans mes prévisions, ce malgré une répartition des indécis qui l’avantage grandement devrait inquiéter Mario Dumont. D’abord, il est possible que l’ADQ continu de perdre des appuis, mais surtout, il est fort probable que, contrairement à la dernière élection, les adéquistes ne soient pas plus discrets que les électeurs des autres partis, ce qui voudrait alors dire que je surestime la position réelle de l’ADQ.

Il faut encore attendre la sortie du prochain sondage d’après Noël pour en avoir le cœur net

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Le malaise identitaire

Posté par quebecpol le août 11, 2007

Voilà que depuis quelques semaines, les libéraux cherchent à raffermir leur positionnement constitutionnel. La semaine dernière, Benoît Pelletier proposait rien de moins que d’amender la constitution canadienne afin d’y inclure la notion de “fédéralisme d’ouverture” et voilà que cette semaine Jean Charest se fait le grand défenseur des champs de compétences provinciaux, chose qu’il a par ailleurs toujours fait depuis qu’il est premier ministre, mais rarement avec une telle fougue. Si l’idée de Benoît Pelletier est complètement farfelue, le “fédéralisme d’ouverture” n’étant même pas un concept digne de ce nom, c’est-à-dire qu’il peut désigner à peu prêt n’importe quoi, qu’il n’est non pas le fruit d’une réflexion sérieuse mais simplement un mot directement sorti d’un programme politique, il n’en demeure pas moins qu’il est ici intéressant d’observer la tentative de repositionnement des libéraux actuellement.

Le dernier congrès libéral s’est concentré sur trois grands enjeux : “le défi économique, le défi démographique et le défi identitaire”. La question de l’identité fait donc son apparition dans les débats partisans. C’est que tous les partis politiques ont fait leurs analyses de la dernière élection et personne ne peut passer à côté du violent volte-face du vote des francophones. Sur ce plan les libéraux sont les plus mal en point, quoique le PQ n’est pas en grande forme non plus.

Pourtant, cette “crise identitaire” était tout à fait prévisible dans ce Québec qui se veut inclusif (par opposition à exclusif). C’est qu’avec la faiblesse intellectuelle de nombre “d’intellectuels” québécois, la notion de désignation devient de fait un acte d’exclusion, comme si le fait de désigner les peupliers était en soi un acte indigne puisque excluant de fait tous les autres arbres. Le grand malheur étant que ces individus à l’esprit d’analyse plutôt douteux ont pourtant une influence considérable sur la “morale publique”, c’est-à-dire sur ce qui peut et ne peut pas être dit dans le débat public québécois. Ainsi, l’expression “Québécois de souche” devient grégaire et exclusive, en ce sens qu’elle donne une détermination identitaire qui exclut ceux qui ne sont pas partie intégrante de la souche. S’il est évident que l’identité québécoise ne peut et ne doit pas être assimilée à ce que nous désignions par “Québécois de souche”, il n’en demeure pas moins que l’expression “désigne” une portion de la société dont on peut tout à fait légitimement affirmer l’existence. De la même manière qu’il n’y a pas de mal à désigner les italiens par le mot “italiens”, les haïtiens par le mot “haïtiens”, il n’y a pas de mal à utiliser l’expression “Québécois de souche”. Je dirais même que non seulement l’expression est-elle juste sociologiquement, elle est aussi la plus ouverte des désignations.

Lorsque nous disons qu’un individus vivant au Québec qu’il est italien, nous ne le disons pas pour dire qu’il n’est pas Québécois, mais simplement pour faire référence au fait que son histoire généalogique récente (c’est-à-dire son origine nationale dans un horizon de quelques générations) est italienne. Puisque nous ne souhaitons pas que le mot “Québécois” exclut l’italien, l’haïtien ou le Saoudien, nous disons “Québécois de souche” pour désigner cet individu dont l’origine généalogique récente est québécoise. Or, si la morale publique québécoise n’a pas de problème à ce qu’on désigne l’individu d’origine italienne comme étant “Italien” (tant que cela ne l’exclut pas évidemment), cette même morale n’accepte pas l’expression “Québécois de souche” parce qu’elle désigne un groupe dont on tente de taire l’existence.

Les origines du malaise

Le groupe social que désigne le terme “Québécois de souche” existe, il désigne les francophones dont les origines généalogiques récentes sont québécoises. Grossièrement, si vos arrières-grands-parents sont nés ici et parlaient le français, vous faites parti de ce que nous tentons de désigner par cette expression. Mais d’où vient donc ce problème avec le fait de désigner ce groupe, somme toute majoritaire au Québec ? Le problème vient du fait que, si l’expression désigne un groupe social effectivement existant, elle peut potentiellement être dangereuse, mais seulement dans certaines conditions.

L’expression peut devenir dangereuse si d’une manière ou d’une autre elle fini par vouloir dire “les vrais Québécois”, les québécois “originels”. Ainsi l’italien serait québécois, au sens où il vit sur le territoire, mais il deviendrait moins Québécois que le Québécois de souche parce que d’origine étrangère. Autrement dit, dans une telle perspective, l’italien est Québécois de facto, mais pas en essence. Cette perspective est dangereuse parce qu’elle pose une “essence” à l’identité québécoise et pose ainsi le principe que ce qui ne correspond pas à cette essence, étant forcément forgé d’une autre essence, ne peut pas être inclus dans la “vérité d’être” du mot “Québécois”, c’est-à-dire la vérité ultime et fondamentale que désigne le fait d’être québécois.

Cette perspective implique ainsi différents niveaux de sens au mot “québécois” qui désigne dans un premier niveau tous les individus vivants au Québec, puis dans un deuxième niveau, qui est alors la vérité profonde attachée au sens du fait d’être Québécois, le “vrai Québécois”. Il y a donc ici deux niveau de langage, l’un purement pratique et l’autre substantiellement profond et vrai. Le problème étant bien entendu que personne au Québec ne correspond réellement à ce “vrai Québécois”, mais surtout que cette définition (cette détermination ontologique) est complètement arbitraire en plus d’être une imposition d’un sens d’être.

C’est ce danger inclus dans le fait de désigner le groupe des “Québécois de souche”, cette possibilité toujours en veille que soit introduit dans cette expression l’idée que les Québécois de souche sont “les vrais Québécois”, les Québécois dans leur vérité d’être la plus pure, qui fait peur au moralistes du débat public québécois. Cette peur les mène à une grande prudence, une tellement grande prudence qu’ils en viennent à préférer oblitérer l’existence sociologique du groupe en évitant soigneusement de le désigner d’une quelconque manière.

Le problème étant évidemment que les Québécois de souche existent, qu’il y a entre eux une véritable solidarité symbolique, au même titre que les italiens partagent une solidarité symbolique, et que diluer ce groupe dans le “tout le monde est québécois” s’avère être aussi dangereux que d’affirmer l’existence de l’essence du vrai québécois au travers du Québécois de souche. S’il est vrai que tous les individus vivant au Québec doivent être considérés comme Québécois à part entière, que les Québécois de souche ne doivent pas être considérés comme plus québécois que les autres et d’ainsi jouir du privilège d’être plus chez soi que les autres au Québec, il n’en demeure pas moins que le groupe social que nous désignons par “Québécois de souche” existe et qu’il nous faut apprendre à le désigner et à affirmer son existence ouvertement sans pour autant tomber dans le piège décrit ici.
Je crois que la “crise identitaire” actuelle puise ses origines dans notre peur d’affirmer ouvertement l’existence des Québécois de souche et d’ainsi créer une classe d’individus privilégiés parce que plus chez eux que les autres au Québec. Ce silence a amené les Québécois des souche à une profonde frustration, ne se reconnaissant plus dans ce Québec qui se bâti actuellement et voyant la tentative malhabile de les oblitérer.

Une piste de solution ?

Étrangement, je crois que la piste de solution la plus prometteuse à ce malaise identitaire est précisément entre les mains de tous ces Québécois qui ne sont “pas de souche”. Par ailleurs, j’en suis d’autant plus convaincu que le malaise identitaire semble être moins grave là où les immigrants sont plus nombreux. Pourquoi ? Parce que notre existence nous est toujours d’abord véhiculée par le regard de l’autre, c’est l’autre qui me renvoi à ma propre existence, en me reconnaissant comme quelqu’un là devant lui. C’est dans la rencontre avec l’autre que je me rencontre moi-même, que je découvre ce que je suis, par mes ressemblances et mes différences, par ce que je reconnaît en l’autre et ce que je ne reconnaît pas.

Ainsi, je crois qu’il nous faudra arrêter d’avoir peur du piège inclus dans le fait d’affirmer l’existence des Québécois de souche. Bien au contraire, il nous faudra affirmer l’existence du groupe (sans pour autant lui accorder de privilèges) et en même temps favoriser davantage la rencontre. Étrangement, lorsque des groupes sociaux sont ouvertement nommés et affirmés dans leur existence effective et que ceux-ci ont la sagesse de se considérer comme des égaux, leur rencontre permet de les fortifier mutuellement dans leur existence et de créer entre ces différents groupes une communauté de reconnaissance, c’est-à-dire, le germe d’une communauté tout court.

En même temps, les Québécois doivent arrêter de se voir comme “des gentils accueillants” ouverts sur les autres, prêts à vivre avec eux mais pas à se transformer avec eux. Pourquoi ? Parce que cette perspective participe directement de la logique de l’essence du vrai Québécois : “je vous accueille chez nous, faites comme chez vous, mais vous êtes chez nous”. En d’autres mots, si vous pouvez faire “comme chez vous” alors que vous êtes “chez nous”, c’est bien parce que je le veux, puisque je suis moi “chez nous” contrairement à vous que j’accueille si gentiment. Cette perspective cache ceci : “je vous traite en égal, mais c’est moi qui est aux commandes, parce que moi je suis chez nous”. Par conséquent, un tel accueil en est un faux car il refuse à tous ceux qui ne sont pas Québécois de souche une participation légitime aux commandes du Québec.

Ainsi, les Québécois doivent changer d’attitude et arrêter d’avoir peur de perdre leur être. Pour ce faire, il faut que l’existence du Québécois de souche soit affirmée ouvertement et pour que cette affirmation soit saine, il faut que les Québécois de souche ayants arrêtés de se voir comme les seuls à être “véritablement chez eux” au Québec acceptent le véritable partage dans les commandes de cette société qu’est le Québec contemporain.

Les Québécois de souche ont actuellement le besoin profond de se retrouver (pensons simplement à quelques films récents comme “Aurore” ou “Un homme et son péché”, histoires mythiques au Québec, dont la redécouverte actuelle n’a rien d’un hasard). Étrangement, c’est au travers de ces Québécois qui ne sont pas de souches que les “de souches” se retrouveront. Il suffit qu’enfin le Québec arrête d’avoir peur.

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